

En 2025, le marché du crédit immobilier pour les non-résidents et expatriés continue d’évoluer, malgré une situation économique complexe marquée par des facteurs externes, tels que la politique monétaire de la Banque Centrale Européenne (BCE) et les tensions commerciales internationales. Cependant, certains changements notables s’opèrent, notamment sur les taux d’intérêt et les conditions d’emprunt.
Les taux d'intérêt :
Au 18 décembre la BCE vient à nouveau abaisser ses taux directeurs, dans le but de stimuler l’économie de la zone euro. Cette réduction concerne les trois taux clés : la facilité de dépôt, qui est passée de 3,5% à 3%, le taux de refinancement, a baissé de 3,65% à 3,15%, et la facilité de prêt marginal, qui a diminué de 4,90% à 3,40%. Toutefois, bien que cette baisse semble favorable pour les emprunteurs, elle n’est pas aussi importante que les baisses précédentes.
Les effets de cette politique sur les taux des crédits immobiliers sont visibles, mais de manière modérée. Selon les dernières données de l’Observatoire Crédit Logement/CSA disponibles, le taux moyen des crédits dans le secteur concurrentiel en janvier 2025 était de 3,24%, en légère baisse par rapport à 3,32% en décembre 2024. Cependant, malgré cette tendance générale à la baisse des taux, certains établissements bancaires pourraient opter pour une légère hausse, en raison de l’instabilité politique en France. Cette hausse, cependant, devrait être suivie d’une probable diminution dans la seconde moitié de l’année 2025, lorsque la situation politique se stabilisera.
Proposition de loi sur la portabilité des prêts immobiliers :
Une proposition de loi visant à faciliter la portabilité des prêts immobiliers, a été déposée par le député Damien Adam en mai 2024. Ce projet pourrait permettre aux emprunteurs de transférer leur prêt immobilier d’un bien à un autre, sans avoir à rembourser le capital restant dû, ce qui pourrait simplifier le processus de financement lors de l’achat d’un nouveau bien. Mais actuellement, cette proposition de loi est en attente d’examen par le Parlement, car elle a été suspendue en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale en juillet 2024.
Cependant, la portabilité des prêts immobiliers reste aujourd'hui une option facultative, que certaines banques proposent déjà. Son application varie cependant en fonction des établissements financiers, et les emprunteurs devront se renseigner sur les conditions spécifiques proposées par leurs banques. La mise en œuvre de cette loi pourrait donc avoir un impact majeur sur les conditions de financement à l’avenir, mais elle n’est pas encore d’actualité.
Les conditions de crédit pour les non-résidents et les expatriés :
Les non-résidents et expatriés doivent faire face à des conditions de crédit spécifiques qui diffèrent de celles des résidents. Le processus d’obtention d’un prêt est plus complexe, nécessitant un délai plus long, car les banques doivent prendre en compte des critères supplémentaires pour évaluer la solvabilité de l’emprunteur. Il est donc conseillé de préparer son dossier en amont et de prévoir un temps de traitement plus important.
Bien que certaines banques soient prêtes à offrir des taux plus avantageux pour attirer de nouveaux clients, ces offres restent généralement limitées à certains profils et nécessitent des négociations. Par ailleurs, le coût de l’assurance emprunteur est un facteur important à prendre en compte, car il varie selon le pays de résidence. Les banques exigent souvent une hypothèque sur le bien immobilier en France pour sécuriser le prêt, et il est rare d'obtenir un financement à 100% sans un apport personnel significatif.
En résumé, les conditions d’emprunt pour les non-résidents et expatriés restent strictes. Une préparation minutieuse du dossier et une gestion proactive des négociations concernant les taux, les assurances et les garanties sont essentielles pour optimiser les chances d'obtenir un financement avantageux. Les taux pour cette catégorie d’emprunteurs sont souvent supérieurs de 0,1% à 0,3% par rapport à ceux des résidents, en raison des risques supplémentaires liés à leur statut. De plus, les banques sont actuellement surchargées de dossiers, il est donc recommandé de commencer le processus bien à l’avance.